Posts Tagged ‘chronique sociale’

Pauvres Zhéros

9 avril 2014

Tout le monde en parle… et tout le monde a raison d’en parler !

Bien sûr il est actuellement très « politiquement correct » d’aimer les chroniques sociales et d’être attentif aux bas fonds de la ruralité… mais là le roman de Pierre Pelot, paru en 1982, sonne juste. Le regard est respectueux, même si l’ambiance est glauque.

Dans un gros village rural un enfant mongolien disparaît de l’hospice Saint Maurice. Cette disparition met en route des mécanismes insoupçonnés qui va faire bouger d’une façon inattendue Nanase à la mére alcoolique, Albert, son pote qui entretient sa terreur des extraterrestres, José Manucci, un ancien légionnaire au passé d’orphelin.

Le dessin de Baru confère une grande présence aux personnages et contrebalance ainsi la brièveté du récit. C’est la qualité du graphisme, avec son ambiance hivernale des Vosges, qui retient surtout le lecteur une fois l’album refermé…

Pauvres zhéros (S : Pierre Pelot ; D : Baru) Casterman, collection « Rivage/Casterman/Noir », mai 2008, 83 pages (18,5×26 cm)

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Fais péter les basses, Bruno !

4 avril 2014

« Baru, Grand Prix 2010 du festival d’Angoulême, fête sa présidence avec un livre hilarant et jubilatoire ! Titre à la Audiard, personnages à la Lautner, Baru annonce la couleur: Fais Péter les basses, Bruno!, c’est la fantasia chez les truands, comme un hommage joyeux au cinéma français des années 60 ! »

Voilà ce que dit l’éditeur, Futuroplis, et… il n’a pas tord !

 Zizou, le sortie de prison, ne se doute pas de ce qu’il va déclencher en proposant à une équipe de la vieille école de réaliser le hold up du siècle. Un Noêl à 7 ou 8 millions, personne n’y résiste même Slimane auquel un célèbre footballeur de passage au pays, a fait miroiter les charmes des stades européens.

 C’est enlevé, c’est sympa, c’est roublard… bref un très très bon moment de gouaille et de « old style », avec un Baru croqueur en diable de portraits et d’atmosphères humaines !

Fais péter les basses, Bruno !  de Baru édité chez Futuropolis en septembre 2010, 128 pages 19,5×26,5 cm

       

Dixie Road

19 mars 2014

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Son père est un petit malfrat, sa mère l’héritière d’une grande famille qu’elle a fui par amour, l’époque de son adolescence est celle de la crise qui secoue les Etats Unis des années trente… Au fil des 4 albums, Dixie nous convie donc à une saga familiale qui se fait fresque historique et hommage aux plus démunis.
Le contenu est dense. Les événements rudes et impitoyables. La fermeté du dessin accentue les tensions et souligne les détails de ce qui peut se lire comme un polar à la Steinbeck ou un road movie filmé par Hemingway.
A vous de sortir de sa poussière une série poignante, attachante et instructive qui n’a pas connu le succès qu’elle mérite !

Dixie Road, Série complète en 4 Tomes (S: Jean Dufaud, D: Hugues Labiano), Dargaud, janvier 1997 à février 2001

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Tout seul

18 février 2014

Lu par Farff :

Un conte, un poème, je ne sais pas quel mot décrit le mieux cette BD où l’imagination est le personnage principal.  Seul dans un phare un homme vit sa vie… seul son dictionnaire lui permet de s’évader de sa prison…

On ne se lasse pas de relire cette BD, de l’ouvrir à une page au hasard pour y redécouvrir les planches comme le fait si bien le personnage de cette BD.

Très peu de texte, un trait fin en noir et blanc, ce sont les détails qui construisent la trame de cette histoire. Je la rapprocherais de « Là où vont nos pères » même si le dessin est très différent.

Si vous voulez vous évader, vous laisser entraîner par le rythme des vagues, plongez-vous dans ce conte !

Lu par Percevoir :

Des pages de silence, de vent et de temps. Des planches entières sans parole avec comme seul rythme la beauté répétitive des traits en noir et blanc, le travail des expressions, des attitudes des personnages.. Que cela fait du bien ! Quel art !

Ce nouvel album de Chabouté nous plonge dans l’énigme d’une vie dont le navire immobile est une phare. Son capitaine n’a jamais mis pied à terre, voguant à coup de mots trouvés au hasard d’un dictionnaire. 50 années au ras des flots, entre poissons, embruns et mouettes…

Merci à « Vents d’Ouest » d’accepter de publier de telles planches où le dessin de Chabouté peut prendre le rythme de cette atmosphère dans laquelle il nous convie d’entrer, de cet autre temporalité à laquelle il veut nous convier. L’encrage noir peut ainsi venir trancher à perte de blanches pages déployant en une densité palpable l’univers de ce phare.

Un chef d’œuvre sur l’énigme de l’humanité !

Tout seul de Christophe Chabouté chez Vents d’Ouest, paru en septembre 2008, 376 pages au format 17×24,5

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La Faille

11 octobre 2013
 
Un album comme sait nous en offrir Futuropolis : une atmosphère unique, un monde étrange et décalé qui éclaire le nôtre sous une lumière saisissante, une intrigue sous forme foisonnante de questions jamais résolues… Superbe !
 
Profitant du départ de ses parents pour Cuba, le jeune londonien Jeremy McPhee décide de passer à l’action. Grâce à l’animatrice de télévision Helen Rosen et à son émission de télé réalité « Ton Problème est le nôtre », il veut en finir avec ce maudit visage que Dieu lui a injustement donné.
 
Mais arrivera-t-il à faire l’audimat nécessaire alors que Londres est en proie à une étrange vague de failles qui menacent de faire s’écrouler nombre d’habitations et vient de connaître un attentat terroriste…

Omniprésence de l’image, manipulation, argent, tout s’entremêle dans cette étrange chronique politique et humaine.

Carlos Sampayo et Oscar Zárate réussissent à faire ressortir avec humour et finesse, les failles qui fracturent nos vies urbaines et contemporaines. Le dessin d’Oscar Zárate offre un trait singulier entre croquis et peinture, dont les couleurs chatoyantes apportent une étrange tonalité, tendre, légère à cette critique sociale pourtant aussi implacable que la voix off qui accompagne ces 88 pages.

La Faille (S: Carlos Sampayo; D : Oscar Zárate) édité chez Futuroplois en septembre 2010, 88 pages de 21,5 x 29 cm

     

l’été 63 (T.1)

2 août 2009

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Une histoire poignante en 2 tomes servie par le graphisme crayonné et intime du québécois Vincent Rioux.

La vie d’un jeune garçon va basculer parce qu’un soir son père lui apprend qu’après le décès de son épouse il a eu une relation au Vietnam dont est née une jeune fille qui va bientôt venir en France…

Bien sûr on devine que Paul, aidé de sa Grand-mère auvergnate et de ses amis d’enfance, va se laisser apprivoiser par sa demie-soeur Linh. Mais on ne sait quels chemins va prendre cet attachement ni comment le silence d’un père va continuer à éclabousser son adolescence.

Un album délicat, poignant, attachant entre musique yéyé et guerre du Vietnam…Un grand moment de lecture !

L’été 63 Tome 1  (S : Marc Bourgne ; D : VoRo) édité chez Vents d’Ouest, collection « Terres d’origine », juin 2009

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Lulu, femme nue (T.1)

12 décembre 2008

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Étienne Davodeau, vous le savez bien, c’est l’auteur d’un Homme est mort ou des Mauvaises gens… un grand monsieur de la bande dessinée. Scénariste et dessinateur il a su donner leur place aux documentaires, aux tranches de vie saisies sur le vif avec un art de la planche et du récit qui rend la vie à sa juste place.

Dans ce diptyque, Lulu, femme nue, il renoue avec la fiction, utilisant ce détour pour encore mieux nous faire accompagner l’itinéraire d’une femme. A l’issue d’un entretien d’embauche, une fois de plus infructueux, Lulu, mère de famille et quarantenaire, se laisse happer par la liberté d’une escape imprévue, inédite et… savoureuse.

Le ton des couleurs, le choix de la narration, les esquisses de situation déploient au fil des pages cette vacance enfin « autorisée ». C’est simple, c’est beau, c’est respectueux !

Quelle justesse chez ce Etienne Davodeau !?!

Lulu, femme nue (T.1) d’Etienne Davodeau, édité chez Futuropolis, novembre 2008, 80 pages.

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Mattéo (T.1)

11 novembre 2008

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Jean-Pierre Gibrat s’est rendu populaire grâce à ses séries « Le Sursis » ou « Le vol du Corbeau ». Avec Mattéo, il confirme la qualité et la beauté de ses aquarelles, du choix de ses couleurs… Cette nouvelle aventure est donc à la hauteur… même si les héroïnes de l’auteur ont encore physiquement du mal à échapper au « moule » unique !

Mattéo est le fils d’un anarchiste espagnol, décédé il y a quelques années. Il échappe donc à l’appel sous les drapeaux que la guerre de 14 lance à travers tous les villages de France… Il y échappe mais c’est sans compter l’amour qu’il porte pour l’insouciante Juliette qui ne parle que de Guillaume, lui qui s’est engagé comme aviateur… Par jalousie, malgré les lettres de son ami Paulin, Mattéo va franchir le pas et connaître le sort que les tranchées réservent aux combattants…

Derrière la romance, Gibrat livre une réflexion sur la désillusion de la guerre ! C’est superbe !

Mattéo, t.1 « Première époque, 1914-1915 », de Jean-Pierre Gibrat, Futuropolis, octobre 2008, 64 pages

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La femme accident (T.1)

1 juin 2008

Un album tout en tension comme le personnage principal, une tension entre la finesse, la délicatesse du dessin d’Olivier Grenson et la dureté, la lourdeur implacable, de cette destinée imaginée par Denis Lapiere.

Ce dernier, troublé par une visite dans le monde carcéral, convie ses lecteurs à endurer la solitude de ces femmes coupées du monde extérieur. C’est ainsi que nous suivons l’itinéraire de Julie, une jeune maman célibataire, qui passe en jugement pour homicide. Avec elle, nous revoyons son adolescence de femme regardée, désirée ; son grand amour Théo dont elle va tomber enceinte et dont le père va décider l’avortement pour elle, considérant tout cela comme un simple « petit accident »…

Par ce jeu entre prison et flash-backs Denis Lapière rend Julie extrêmement attachante, nous aidant à mieux entrer dans son caractère et dans cette histoire qui va la mener à son inculpation. Les planches en couleurs directes d’Olivier Grenson étalent en pleines pages les décors industriels qui ont façonné son enfance. Sous son regard, friches, terrils, sidérurgies rayonnent d’une superbe présence.

Il ne nous reste plus qu’à attendre sagement la fin de ce diptyque très attachant !

La femme accident, (T.1) (D : Olivier Grenson ; S : Denis Lapière) chez Dupuis, Collection « Aire Libre » mai 2008

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Pico Bogue : « La vie et moi »

27 mai 2008

Quelques instants de pur bonheur et d’humour tout en finesse…

Cet album est une suite de tranche de vie, de tranche de rire, de bons mots ou de superbes réparties entre Pico, sa jeune soeur et ses parents.

Tour à tour moqueur, dénonciateur de notre société, psychologue analytique, métaphysique, tendre, enfantin, Pico s’inscrit dans la longue lignée des Peanuts, du petit Nicolas ou de Mafalda. Avec son impressionnante et foisonnante tignasse rousse indomptable, il n’a pas sa langue dans sa poche et sait prendre Papic et Mamite, ses parents, à rebrousse poils avec la complicité ou l’hostilité, selon l’humeur et les événements, de Ana Ana sa petite sœur blonde. C’est un vrai régal !

Les illustrations d’Alexis Domal, le fils de la scénariste … Dominique Roques, cisèlent les scènes et en font des petits bijoux, fins, colorés, très expressifs !

Qui a dit que la vérité sort de la bouche des enfants ?

Pico Bogue : « La vie et moi » (S : Dominique Roques; D : Alexis Dormal) Dargaud, mai 2008, 48 pages

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