Rwanda 1994 (T.2)

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En 2003, Cécile Grenier mène pendant 7 mois une enquête au Rwanda, côtoyant victimes et bourreaux du génocide de 1994. A son retour elle travaille avec Ralph au scénario de ces deux albums dont elle confie le dessin à Pat Masoni d’origine congolaise, arrivé depuis un an seulement en France.

De cette rencontre naît une oeuvre éprouvante, terrible, qui se maintient à hauteur de l’horreur de ces 100 jours de massacres, tout en refusant de céder au voyeurisme macabre. 1,5 million de victimes sur une population d’environ 7,5 millions d’habitants… Dans ces albums, Mathilde incarne la souffrance et la lutte de l’Afrique au milieu de la sauvagerie des machettes, de la complicité sanglante des soldats français…

« Le camp de la vie » vient enfin de paraître, trois ans après « Descente aux enfers », le premier tome édité par Albin Michel en avril 2005.

Chaque planche nous éclabousse…

Rwanda 1994, tome 2 « Le camp de la vie » (S : Cécile Grenier; D : Pat Masioni) Vents des Savanes, avril 2008, 72 pages

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4 Réponses to “Rwanda 1994 (T.2)”

  1. Grenier Cécile Says:

    Une rectification à cet article : JE NE SUIS PAS REPORTER à FRANCE 2 ! j’y suis seulement opératrice de prise de vue et ce travail n’a rien à voir avec l’enquête que j’ai faite au Rwanda.

    Cécile GRENIER auteur de Rwanda 1994

  2. Percevoir Says:

    Merci à Cécile Grenier d’avoir pris le temps de rectifier la première ligne de cette lecture qui disait, avant modification, qu’elle était journaliste à France 2 et qui liait son enquête avec son travail…

  3. Soleen Says:

    Poignant et magnifiquement illustrée, cette BD est a lire absolument, le sujet est fort, les textes superbes… Le deuxième tome est signé pour l’auteur courant du mois de mai à la librairie BURIDAN à Paris….
    Si vous aimez les BD fortes, sensibles, …. Je vous conseille vivement les Rwanda 1994….
    Bravo

  4. cg Says:

    Lu sur un sutre site au sujet de C Grenier et du livre Rwanda 94 – tout simplement édifiant !

    Cet album est indécent dans sa transcription des massacres, qui par son coté répétitif, écoeure, lasse au lieu d’émouvoir et sensibiliser. Sur ce plan là, c’est complètement raté.

    La dénonciation des « crimes » des soldats français est grotesque et irresponsable. La France porte une très lourde responsabilité dans le génocide rwandais, c’est une évidence. Qu’elle le reconnaisse, serait une bonne chose. Mais,bien évidemment, ces soldats n’ont pas commis toutes les horreurs (viols, massacres, actes de racisme) « dénoncées » dans cet album. En particulier durant l’opération turquoise qui fourmillait de journalistes, d’humanitaires et qui s’est faite « au contact » des troupes du FPR (Front Patriotique Rwandais qui dirige le Rwanda actuel). Le fait que cette Bd reprenne les accusations d’une commission rwandaise qui vient de remettre en août son rapport à charge contre la France souligne la nécessité de prendre avec des pincettes ce genre d’accusations. Dans les relations franco-rwandaises, on nage en plein fantasme et manipulation. Que la france soit franchement coupable en ayant soutenu jusqu’au bout le régime génocidaire rwandais, est un fait, selon moi, quasi avéré. En rajouter outrageusement comme le fait cet album, c’est se tromper de cible. Comme l’a dit Stassen : quand les rwandais se sont massacrés, il n’y avait plus un blanc au Rwanda. Ce qui est vrai, l’armée française avait évacué les ressortissants étrangers trois jours avant le début du génocide. Leur présence à des barrages durant le génocide est impossible : ils ne sont tout simplement plus là !!! C’est bien d’ailleurs le principal reproche que les rwandais ont fait durant des années à la communauté internationale, en particulier à la France : « vous nous avez abandonné ! » et non « vous nous avez massacrés ! »

    Que Cécile grenier se soit faite manipuler ou que sa sincère empathie envers le peuple rwandais l’ait amené à croire sur parole ce que des rescapés ont pu lui raconter, ne l’obligeait pas à en faire une bande dessinée. Il aurait mieux valu passer par un autre genre comme un récit de témoignages. Le public qui achète, dans ce cas là, sait à quoi s’attendre. Mais là, passer par une BD en spécifiant en avertissement que les faits sont véridiques, c’est se tromper de support.

    Le choix de Pat Masioni est inconséquent. Congolais (RDC) réfugié en france, Pat ne pouvait refuser de dessiner un dyptique chez albin Michel. Mais cela aurait été plus intelligent de lui faire dessiner un autre album plutôt qu’une histoire qui fait la quasi-apologie du FPR et de son armée. Quand on sait ce que la RDC subit depuis près de 10 ans de la part du régime en place au Rwanda (4 millions de morts), faire dessiner cette histoire par lui est dangereux pour son intégrité physique si un jour il lui prend l’idée de revenir dans son pays. Ces deux albums lui colleront à la peau par la suite dans un pays où les esprits sont chauffés à blanc. Comme l’a écrit son compatriote Barly Baruti (Mandrill, Eva K.) : « C’est bien dommage qu’on se soit servi de la bande dessinée…et d’un dessinateur de BD CONGOLAIS (du reste très talentueux !) pour parler de la triste histoire du Rwanda.  »

    La fin de l’histoire avec ses raccourcis historiques (la fin complètement tronquée des camps de réfugiés de RDC (ex-Zaïre) alors que c’est d’une importance historique capitale) laisse planer un véritable malaise s’agissant d’un album qui se veut fidèle à la vérité.

    Malheureusement, la post-face de Cécile grenier donne les clefs de tous ces manques et incohérences : en fait, sur un sujet aussi sensible, complexe et dangereux, Cécile grenier est sincère mais elle n’y connait tout simplement rien…. Son texte le démontre : elle écrit que le pouvoir rwandais est « démocratique mais fort » alors qu’il s’agit tout simplement d’une dictature militaire (il suffit de lire les rapports d’Amnesty), que les élections ont « légitimé le président » alors qu’il a été élu à 95% des voix et reconnu du plus petit bout du bout des lèvres par la communauté internationale, elle parle de miracle économique alors que plus de la moitié du budget est constitué d’aide internationale, parle des promoteurs du génocide toujours actifs, alors que 14 ans après, quand ils ne sont pas morts, les quelques groupes de hutus opposants cherchent tout juste à survivre dans la jungle, etc….. Et surtout, alors que le texte parle du Rwanda post 94, elle ne dit pas un mot, pas une virgule, pas une plus petite allusion à la guerre en RDC que le Rwanda mène depuis 10 ans et qui a, je le répère, causé la mort de 4 millions de personnes.

    Je pourrai en écrire encore beaucoup tellement la lecture de ce 2ème tome m’a révulsé et stupéfait (et je passe sur la scène du pédophile européen cherchant sa proie dans une ville en plein pillage, au milieu des massacres, alors que Kigali avait été évacué de ses habitants occidentaux…).

    Pardon mais n’est pas Stassen ou Spiegelman qui veut. Parfois il vaut mieux s’abstenir.

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