Posts Tagged ‘mer’

La ballade de la mer salée

3 avril 2014

Cet album d’Hugo Pratt est le premier à nous faire croiser les aventures de Corto Maltese !

Une voix-off fait parler l’Océan Pacifique et nous embarque sur un bateau commandé par le capitaine Raspoutine qui recueille, après une tempête deux naufragés, Caïn et Pandora Groovesnore, pour ensuite naviguer vers un marin étrangement ligoté sur un radeau de fortune, sort réservé au capitaine dont l’équipage s’est mutiné… le fameux Corto Maltese qui travaille, comme Raspoutine, pour le compte du mystérieux « Moine », maître de tous les pirates entre l’Australie et la Nouvelle-Guinée, attaquant les navires dans le Pacifique Sud, pour revendre ensuite les marchandises aux Allemands.

Chaque personnage a sa propre histoire, sa profondeur mystérieuse. Tous se retrouvent pris dans des enjeux qui vont les dépasser : la Première Guerre mondiale… Le dessin sait tisser un extraordinaire envoûtement, une magie romanesque qui s’appuient sur un rythme graphique romantique aussi fin que mystérieux !

Une oeuvre fondatrice du monde d’Hugo Pratt !

La ballade de la mer salée, Hugo Pratt, Casterman, 1975, 170 pages

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

Publicités

Tout seul

18 février 2014

Lu par Farff :

Un conte, un poème, je ne sais pas quel mot décrit le mieux cette BD où l’imagination est le personnage principal.  Seul dans un phare un homme vit sa vie… seul son dictionnaire lui permet de s’évader de sa prison…

On ne se lasse pas de relire cette BD, de l’ouvrir à une page au hasard pour y redécouvrir les planches comme le fait si bien le personnage de cette BD.

Très peu de texte, un trait fin en noir et blanc, ce sont les détails qui construisent la trame de cette histoire. Je la rapprocherais de « Là où vont nos pères » même si le dessin est très différent.

Si vous voulez vous évader, vous laisser entraîner par le rythme des vagues, plongez-vous dans ce conte !

Lu par Percevoir :

Des pages de silence, de vent et de temps. Des planches entières sans parole avec comme seul rythme la beauté répétitive des traits en noir et blanc, le travail des expressions, des attitudes des personnages.. Que cela fait du bien ! Quel art !

Ce nouvel album de Chabouté nous plonge dans l’énigme d’une vie dont le navire immobile est une phare. Son capitaine n’a jamais mis pied à terre, voguant à coup de mots trouvés au hasard d’un dictionnaire. 50 années au ras des flots, entre poissons, embruns et mouettes…

Merci à « Vents d’Ouest » d’accepter de publier de telles planches où le dessin de Chabouté peut prendre le rythme de cette atmosphère dans laquelle il nous convie d’entrer, de cet autre temporalité à laquelle il veut nous convier. L’encrage noir peut ainsi venir trancher à perte de blanches pages déployant en une densité palpable l’univers de ce phare.

Un chef d’œuvre sur l’énigme de l’humanité !

Tout seul de Christophe Chabouté chez Vents d’Ouest, paru en septembre 2008, 376 pages au format 17×24,5

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

Mâle de Mer

25 novembre 2013

male-de-mer1

Que c’est beau ! Que c’est fort !

Jamais une Bande Dessinée n’a autant mérité d’être appelé un roman graphique : le texte de Laetitia Villemin a la densité, la rythmique d’un texte poétique, entêtant, martelant cette histoire d’orpheline aux rencontres improbables ; quant au dessin de Guillaume Sorel, il est aussi dense en atmosphère qu’en finesse descriptive.

Quel chef d’œuvre !

Ephémère, la belle Ephémère de Doëlan, en Bretagne, est de celle que le destin scelle dans l’abandon : par le décès trop tôt venu de sa mère ; par la disparition de son marin de père, enfermé dans son silence ; par la fuite de son bel étranger puis par la lâcheté du fils qui naît de cette rencontre.

Gravé dans le blanc des pages, le noir des dessins de Guillaume Sorel est superbe. En l’absence de ces couleurs qui faisaient la splendeur d’albums comme « Typhaon » et de « L’Île des morts », son trait se hisse à la beauté poétique comme, dans un autre graphisme, Baudouin avait sû le faire avec « Voyage ». Quel univers !

Cet album ne laissera personne indifférent. Certains trouveront le texte trop alambiqué, d’autres le dessin trop dénudé… mais pour Idées BDs c’est un album « phare » !!!

Mâle de Mer, (S : Laetitia Villemin ; D : Guillaume Sorel) édité chez Casterman Collection « Ecritures » en janvier 2009, 152 pages format 17,2×24

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

male-de-mer-pl-1 male-de-mer-pl-2 male-de-mer-pl-3

Les derniers corsaires

9 novembre 2013

dernierscorsaires-cv.jpg

Le dessin avec ses variations de tons entraîne immédiatement le lecteur dans un monde d’autrefois : celui d’un sous-marin anglais durant la Deuxième Guerre mondiale. S’inspirant de faits réels, le huit clos et le contexte des combats offrent une réflexion sur la confrontation des tempéraments entre le capitaine Wallis et son second Wolf, sur le drame des choix et des devoirs d’un commandant.

Pression, ambition, stratégie sont au rendez-vous dans un graphisme qui rappelle celui de Blain et une atmosphère à la « Black et Mortimer ». Le roman d’aventure s’approfondit en un drame psychologique où l’honneur s’offre une seconde chance…

Voilà une superbe entrée dans la BD québécoise, avec un dossier final qui ouvre de façon surprenante la destinée tragique du « Thorn »…

Les derniers corsaires, (D : Jocelyn Houde; S : Marc Richard), Edition de La Pastèque, avril 2006, 62 pages

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

dernierscorsaires-pl.jpg

Kaikisen

10 février 2013

kaikisen-couverture-l.jpg

Si vous hésitez encore à vous lancer dans la lecture des mangas, cet album paisible et, somme toute, assez classique devrait vous aider à franchir le pas. Ce n’est le summum de la production Kon Satoshi mais la poésie avec laquelle il aborde la question de la modernité et de la tradition au Japon devrait vous toucher et vous convaincre !

Un petit port de pêche doit son abondance à un pacte conclu avec une créature marine. Mais voilà qu‘un des descendants des prêtres shintô, assurant la validité de ce pacte, cède aux avances de promoteurs immobiliers… Heureusement une complicité entre grand-père et petit fils va sauve l’œuf de l’ondine…

Le dessin, au trait très clair, nous plonge dans un climat réaliste que la poésie des paysages et la sensibilité maintient cependant en cohérence avec la dimension fantastique du récit. Les personnages sont attachants et même si les éléments de l’intrigue peuvent sembler trop familiers, l’histoire sait nous toucher et parler de ces fragiles équilibres humains que chacun peut bouleverser ou réinventer.

Kaikisen, de Kon Satoshi, Casterman, Collection « Sakka », Octobre 2004

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

kaikisen-planche.jpg

Le diable des sept mers (T. 1)

12 novembre 2008

le-diable-des-7-t1-cv

Cette histoire en deux tomes est née du « story board » du film « Pirates des caraïbes » que Roman Polanski avait commandé au dessinateur Hermann. Difficile alors au fils d’Hermann dont la collaboration nous a déjà donné de superbes albums comme « Lien de sang » ou « Manhattan Beach 1957 », de résister à l’envie de relancer un tel univers de marins et de chasse au trésors !

Et tant mieux car les planches en couleurs directes sont superbes aussi bien dans les combats que dans les ambiances nocturnes et le scénario de Yves H. fait dans le « consistant », avec des intrigues, des flash-back où s’entrecroisent verres de Rhum, plantation en Caroline du Sud, fantôme de Barbe Noir et trésors enfouis dans des îles perdues.

Bref il y a à voir et à lire… et le lecteur en a pour son temps et son argent !

Le diable des sept mers (T. 1) (S : Yves H. ; D : Hermann) édité chez Dupuis, collection « Aire Libre », septembre 2008, 46 pages

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

le-diable-des-7-t1-pl-01 le-diable-des-7-t1-pl-02 le-diable-des-7-t1-pl-1