Posts Tagged ‘roman graphique’

le Roi cassé

18 décembre 2013

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Pour amateur de surréalisme !

Tragédie, humour, absurdité et réflexion tout s’entremêle le temps de cet album où la mort, écoeurée par tant de massacres, propose de modifier le cours de l’histoire !

Nous sommes à quelques minutes de l’armistice et nous assistons à la mort de la dernière victime de la guerre des tranchées. Simon Virjusse n’en est qu’au début de ses surprises qui vont l’embarquer dans d’étranges stratégies gouvernementales, militaires et métaphysique.

Si la mort, elle, a fait une erreur, Nicolas Dumontheuil, lui, signe un ouvrage très plaisant et très attachant pour les lecteurs qui accepteront de se laisser dérouter par les caprices du destin !

Le Roi cassé, de Nicolas Dumontheuil, Casterman collection « Univers d’auteurs », août 2005, 96 Pages

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Abdallahi

27 novembre 2013

Ces pages sont une libre reprise du voyage qu’entreprend René Caillié, en 1824, pour rejoindre, en traversant l’Afrique, la ville alors interdite et donc mythique de Tombouctou.

Les pages peintes en couleurs directes sont de toute beauté, respirant la chaleur moite et poussiéreuse, rendant la luminosité brûlante du désert, plongeant à même la folie du pèlerin solitaire.

Le récit suit l’attente de celui qui doit d’abord se confondre dans une tribu musulmane pour mieux se faire passer pour Abdallahi, « le serviteur de Dieu », fils d’Égyptien enlevé par les Blancs, esclave affranchi qui veut retourner sur sa terre natale. Il y a la longue marche de 4.500 kilomètres, le menant d’Alger jusqu’en Ethiopie, avec la rencontre des négriers, le compagnonnage d’Arafanda. Il y a la confrontation de l’homme avec lui-même, avec la foi et les démons qu’ils s’inventent…

Une jubilation pour les yeux, un grand moment d’histoire et une belle interrogation sur l’homme !

Abdallahi, Série complète en 2 Tomes (S : Christophe Dabitch ; D : Jean-Denis Pendanx) chez Futuropolis, T.1 édité en février 2006, T2 édité en novembre 2006 (88 pages et 96 pages)

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Mâle de Mer

25 novembre 2013

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Que c’est beau ! Que c’est fort !

Jamais une Bande Dessinée n’a autant mérité d’être appelé un roman graphique : le texte de Laetitia Villemin a la densité, la rythmique d’un texte poétique, entêtant, martelant cette histoire d’orpheline aux rencontres improbables ; quant au dessin de Guillaume Sorel, il est aussi dense en atmosphère qu’en finesse descriptive.

Quel chef d’œuvre !

Ephémère, la belle Ephémère de Doëlan, en Bretagne, est de celle que le destin scelle dans l’abandon : par le décès trop tôt venu de sa mère ; par la disparition de son marin de père, enfermé dans son silence ; par la fuite de son bel étranger puis par la lâcheté du fils qui naît de cette rencontre.

Gravé dans le blanc des pages, le noir des dessins de Guillaume Sorel est superbe. En l’absence de ces couleurs qui faisaient la splendeur d’albums comme « Typhaon » et de « L’Île des morts », son trait se hisse à la beauté poétique comme, dans un autre graphisme, Baudouin avait sû le faire avec « Voyage ». Quel univers !

Cet album ne laissera personne indifférent. Certains trouveront le texte trop alambiqué, d’autres le dessin trop dénudé… mais pour Idées BDs c’est un album « phare » !!!

Mâle de Mer, (S : Laetitia Villemin ; D : Guillaume Sorel) édité chez Casterman Collection « Ecritures » en janvier 2009, 152 pages format 17,2×24

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La 27e lettre

21 novembre 2013

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Pendant que le nazisme gangrène tout à Berlin, un enfant des rues va trouver refuge dans une maison close de luxe. Ce monde va l’aider à grandir comme lui-même va aider ce petit monde grâce à son don pour rêver et pour raconter.

Cet album fonctionne comme un piège pour son lecteur. L’histoire a le ton simple et clair de ses dessins. Derrière ce qui pourrait n’être que naïveté, se joue le drame d’une histoire et d’une vie… car chacun sait que dans les camps de concentrations nazis il n’y avait pas de place pour les belles histoires qui se finissent bien !

Une belle leçon pour ceux qui croient au pouvoir des mots et du récit !

La 27e lettre (D : Will, S : Stephen Desberg) chez Dupuis, Collection  « Aire Libre », juin 1990, 56 pages

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Super Spy

18 novembre 2013

340 pages pour renouer avec le mystère de l’espionnage…

S’il est devenu à la mode de parler de roman graphique pour un album de BD… eh bien Super spy mérite véritablement cette appellation : par son graphisme, par les destins croisés qu’il s’ingénie à mêler d’un court chapitre à l’autre, tissant une incroyable toile d’araignée où personnages et lecteur sont lentement englués, capturés.

340 pages pour évoquer les missions dangereuses, naïvement héroïques ou insensément banales durant la deuxième Guerre Mondiale. 340 pages pour évoquer le Caire, Stalingrad, le temps d’une infiltration, le temps d’une rencontre. 340 pages aux couleurs d’un autre temps passé qui ne vous laisseront pas au bout de vos surprises !

Un gros livre qui a la délicieuse saveur des vieux films des années cinquante… à vous de voir si vous voulez le lire dans l’ordre des pages ou dans celui des dossiers !?!

Super spy de Matt Kindt aux éditions Futuropolis, août 2008, 336 pages (14,5×21 cm)

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Quartier lointain

6 novembre 2013

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Un grand classique !

 

En rentrant du travail, un homme, au milieu de sa vie, se trompe de train. Au lieu de rentrer chez lui, il prend la ligne qui le ramène à son village d’enfance. Il en profite pour se recueillir sur la tombe familiale. Il s’endort dans le cimetière et, se réveille dans le passé, au même endroit mais dans son corps d’adolescent. Il comprend qu’une seconde chance lui est donnée : il peut revivre des événements passés tout en profitant de son expérience d’homme mûr. Un objectif s’impose à lui : empêcher la fuite de son père du domicile familial, et essayer d’en comprendre la raison.

Il redécouvrira avec des yeux nouveaux ce que fut sa vie d’adolescent, sa vie de famille, ses amis et son premier amour d’adolescent. L’histoire prend alors un air de tragédie : il voit se rapprocher le jour de la disparition de son père sans pouvoir empêcher l’inévitable. La chance qu’il reçoit ne consiste pas à changer le passé mais à comprendre la profonde proximité du père et du fils traversant une même crise existentielle.

Le dessin en noir et blanc de Jirô Taniguchi est d’une grande beauté toute asiatique. A travers des paysages silencieux, des pauses dans la narration, l’auteur sait nous faire éprouver une certaine nostalgie d’un passé révolu, la joie simple d’une vie offerte et la difficulté de traverser une vie qui semble s’imposer par les multiples contraintes qu’elle recèle. C’est un merveilleux roman graphique à conseiller largement.

Quartier lointain, de Jirô Taniguchi, chez Casterman, septembre 2002 à mai 2003, novembre 2005 pour l’intégrale

 

Billet de lecture envoyé par BenCop ! Merci de sa contribution !

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Le Dérisoire

14 juillet 2013

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Pour la surprise, la fascination et le plaisir des yeux !

Olivier Supiot a su ici offrir une couleur et une lumière digne d’un Mattotti, à l’univers onirique d’Eric Omond où les métaphores de la vie et de la mort nous font naviguer entre féerie resplendissante et morbide implacable. Mise en page, cadrage, format de l’album capturent un univers fantastique où l’atmosphère de plomb et de rouille est palpable…

L’histoire est celle d’un capitaine au navire inachevé, hanté par les fantômes des marins qui sont morts, et dont l’univers va basculer avec la croisière qu’organise une femme étrange.

Le Dérisoire (D : Olivier Supiot ; S : Eric Omond), Glénat, Collection « Carrément BD », avril 2002, 56 pages

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La femme accident (T.1)

1 juin 2008

Un album tout en tension comme le personnage principal, une tension entre la finesse, la délicatesse du dessin d’Olivier Grenson et la dureté, la lourdeur implacable, de cette destinée imaginée par Denis Lapiere.

Ce dernier, troublé par une visite dans le monde carcéral, convie ses lecteurs à endurer la solitude de ces femmes coupées du monde extérieur. C’est ainsi que nous suivons l’itinéraire de Julie, une jeune maman célibataire, qui passe en jugement pour homicide. Avec elle, nous revoyons son adolescence de femme regardée, désirée ; son grand amour Théo dont elle va tomber enceinte et dont le père va décider l’avortement pour elle, considérant tout cela comme un simple « petit accident »…

Par ce jeu entre prison et flash-backs Denis Lapière rend Julie extrêmement attachante, nous aidant à mieux entrer dans son caractère et dans cette histoire qui va la mener à son inculpation. Les planches en couleurs directes d’Olivier Grenson étalent en pleines pages les décors industriels qui ont façonné son enfance. Sous son regard, friches, terrils, sidérurgies rayonnent d’une superbe présence.

Il ne nous reste plus qu’à attendre sagement la fin de ce diptyque très attachant !

La femme accident, (T.1) (D : Olivier Grenson ; S : Denis Lapière) chez Dupuis, Collection « Aire Libre » mai 2008

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