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Mâle de Mer

25 novembre 2013

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Que c’est beau ! Que c’est fort !

Jamais une Bande Dessinée n’a autant mérité d’être appelé un roman graphique : le texte de Laetitia Villemin a la densité, la rythmique d’un texte poétique, entêtant, martelant cette histoire d’orpheline aux rencontres improbables ; quant au dessin de Guillaume Sorel, il est aussi dense en atmosphère qu’en finesse descriptive.

Quel chef d’œuvre !

Ephémère, la belle Ephémère de Doëlan, en Bretagne, est de celle que le destin scelle dans l’abandon : par le décès trop tôt venu de sa mère ; par la disparition de son marin de père, enfermé dans son silence ; par la fuite de son bel étranger puis par la lâcheté du fils qui naît de cette rencontre.

Gravé dans le blanc des pages, le noir des dessins de Guillaume Sorel est superbe. En l’absence de ces couleurs qui faisaient la splendeur d’albums comme « Typhaon » et de « L’Île des morts », son trait se hisse à la beauté poétique comme, dans un autre graphisme, Baudouin avait sû le faire avec « Voyage ». Quel univers !

Cet album ne laissera personne indifférent. Certains trouveront le texte trop alambiqué, d’autres le dessin trop dénudé… mais pour Idées BDs c’est un album « phare » !!!

Mâle de Mer, (S : Laetitia Villemin ; D : Guillaume Sorel) édité chez Casterman Collection « Ecritures » en janvier 2009, 152 pages format 17,2×24

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La 27e lettre

21 novembre 2013

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Pendant que le nazisme gangrène tout à Berlin, un enfant des rues va trouver refuge dans une maison close de luxe. Ce monde va l’aider à grandir comme lui-même va aider ce petit monde grâce à son don pour rêver et pour raconter.

Cet album fonctionne comme un piège pour son lecteur. L’histoire a le ton simple et clair de ses dessins. Derrière ce qui pourrait n’être que naïveté, se joue le drame d’une histoire et d’une vie… car chacun sait que dans les camps de concentrations nazis il n’y avait pas de place pour les belles histoires qui se finissent bien !

Une belle leçon pour ceux qui croient au pouvoir des mots et du récit !

La 27e lettre (D : Will, S : Stephen Desberg) chez Dupuis, Collection  « Aire Libre », juin 1990, 56 pages

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