Posts Tagged ‘guerre’

Les derniers corsaires

9 novembre 2013

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Le dessin avec ses variations de tons entraîne immédiatement le lecteur dans un monde d’autrefois : celui d’un sous-marin anglais durant la Deuxième Guerre mondiale. S’inspirant de faits réels, le huit clos et le contexte des combats offrent une réflexion sur la confrontation des tempéraments entre le capitaine Wallis et son second Wolf, sur le drame des choix et des devoirs d’un commandant.

Pression, ambition, stratégie sont au rendez-vous dans un graphisme qui rappelle celui de Blain et une atmosphère à la « Black et Mortimer ». Le roman d’aventure s’approfondit en un drame psychologique où l’honneur s’offre une seconde chance…

Voilà une superbe entrée dans la BD québécoise, avec un dossier final qui ouvre de façon surprenante la destinée tragique du « Thorn »…

Les derniers corsaires, (D : Jocelyn Houde; S : Marc Richard), Edition de La Pastèque, avril 2006, 62 pages

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Les oubliés d’Annam

30 juillet 2013

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L’enquête d’un journaliste sur un soldat disparu nous ramène quarante ans en arrière. A cette époque, de jeunes résistants qui venaient de s’opposer à l’occupant nazi s’engagent pour continuer ce combat en Indochine… mais voilà que certains d’entre eux réalisent qu’ils deviennent à leur tour, sur ce sol, une force d’occupation… et décident, par fidélité à leur idéal, de rejoindre les troupes Viêt Minh qui luttent contre le colonisateur.

Ces deux albums, maintenant édités en intégrale, ouvrent une page trop méconnue de notre histoire « officielle ». Ils nous parlent de liberté d’information, de fidélité, de mémoire. Une superbe occasion de lutter contre toutes ces amnésies qui encombrent encore nos « devoirs de mémoire ».

Un ouvrage à méditer, malgré des couleurs jugées trop criardes selon certains lecteurs et un fin que d’autres auraient voulu plus sobre.

Les oubliés d’Annam,  (D : Lax ; S : Franck Giroud), Dupuis, Collection « Aire Libre », octobre 1990, intégrale publiée en octobre 2000

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Planètes

17 juillet 2013

Que signifie l’être humain lorsqu’il vole à des années lumières de toute planète ou de toute civilisation ? Lorsque son travail est de récupérer des débris dans l’espace alors que la guerre spatiale ne cesse d’en produire en masse ? A-t-il le droit de braver des interdits si c’est pour empêcher cette guerre ?

Pour Makoto Yukimura, l’espace devient un magnifique amplificateur, de questions, de réactions. Il prend le temps de ces quatre volumes pour inviter ses lecteurs à saisir l’espace de réflexion qui s’ouvre devant l’étendue infinie superbement rendue par certaines planches de ses albums.

Quand l’anticipation se fait réflexion… quand l’action s’ouvre à la contemplation !

Quatre volumes incontournables dans une Bédéthèque qui se respecte ! Et de longues soirées en perspectives pour en discuter avec des amis !

Planètes, Série Complète en 4 tomes de Makoto Yukimura, éditée en France chez Marvel Panini France, Collection « Génération Comics » de juillet 2002 à février 2005

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Notre Mère la Guerre (T.2)

11 octobre 2010

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Deuxième complainte de cette triologie qui s’annonce comme une oeuvre majeure sur la Guerre de 14-18.

Cette guerre est devenue un « lieu commun » de la littérature et de la BD… mais l’univers déployé par Kris (scénariste d’un Homme est mort et des Coupures irlandaises : c‘est dire la qualité de son travail et l’exigence de ses albums) a le respect de la vie quotidienne des tranchées, de ses tournades aussi soudaines que sanglantes, tout en tissant une épopée à hauteur d’hommes en un style littéraire qui prend parfois des accents dignes d’Hugo ou de Malraux.

Avec cette deuxième complainte de Notre mère la guerre, il confirme son extraordinaire travail !

La virtuosité du style graphique Maël fait merveille tout au long des 62 planches de ce nouvel album en un lavis en aquarelles sublimement gris et maussade. Ce qui n’est pas rien ! Une émotion forte s’en dégage nous plongeant dans le regard abassourdi de ces hommes.

Troublant, fascinant !

Notre Mère la Guerre (T.2 « Deuxième Complainte ») (S : Kris; D : Maël) chez Futuroplis en septembre 2010, 64 pages au format 22,5×29

     

Tanâtos (T.3 : Le mystère du Lusitania)

9 janvier 2009

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Troisième volet de Tanâtos, ce génie du Mal qui ne cesse de concocter des machinations aussi géniales que machiavéliques contre l’ordre publique et l’équilibre du monde.

Nous sommes en Février 1915. Dans une base isolée au Canada, des alliés sont en train de mettre au point Appolyon-7, l’arme qui fera pencher la guerre en défaveur des armées allemandes… mais c’est sans compter sur l’art du déguisement et de la manipulation de Tanâtos ! Une fois de plus rien ne résister à sa convoitise… même pas le paquebot transatlantique Lusitania !

Didier Convard et Jean-Yves Delitte ont ainsi ficelé un album qui peut se lire indépendamment des deux premiers. Le scénario de Convard sait bien se glisser dans le genre roman d’espionnage et nous offre ainsi une série classiquement plaisante et distrayante. Le rythme et ses surprises,  les effets « steampunk » et les joyeux anachronismes sont au rendez-vous même si les fidèles lecteurs de la série pouvaient prévoir l’usage de certaines cordes déjà utilisées par cette âme damnée du Mal !

Comment traduit-on en russe « Donnerwetter » ?!?

Tanâtos,   T.3 : « Le mystère du Lusitania » (S : Didier Convard ; D : Jean-Yves Delitte), Glénat, collection « Grafica » novembre 2008, 56 pages (32×24)

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Le Grand Duc (T.1 : Les sorcières de la nuit)

24 novembre 2008

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Romain Hugault ? mais si ! Vous savez c’est le dessinateur de « Au-delà des nuages », la BD qui a fait redécoller la lecture des albums sur l’aviation… Même qu’à un moment l’éditeur Paquet n’arrivait pas à suivre et que les bacs étaient vides…

Avec « le Grand Duc », alias le Heinkel He 219, cet avion avec lequel la Wechmarcht tente d’endiguer sa débâcle sur le front de l’Est … avec « le Grand Duc », disais-je, vous allez de nouveau vous régaler. Les dessins d’avion sont au rendez-vous et ils s’enrichissent de personnages attachants et de situations complexes… merci à Yann pour son scénario qui entrecroise deux beaux destins.

« Les sorcières de la nuit » sont le surnom de ces femmes russes qui pilotaient sans parachutes des avions obsolètes pour barrer les voies du ciel aux pilotes allemands qui ne sont pas tous nazis…

Prêt pour le décollage ?

Le Grand Duc, T.1 « Les sorcières de la nuit » (S : Yann ; D : Romain Hugault), écité chez Paquet, collection « Cockpit », octobre 2008

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Mattéo (T.1)

11 novembre 2008

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Jean-Pierre Gibrat s’est rendu populaire grâce à ses séries « Le Sursis » ou « Le vol du Corbeau ». Avec Mattéo, il confirme la qualité et la beauté de ses aquarelles, du choix de ses couleurs… Cette nouvelle aventure est donc à la hauteur… même si les héroïnes de l’auteur ont encore physiquement du mal à échapper au « moule » unique !

Mattéo est le fils d’un anarchiste espagnol, décédé il y a quelques années. Il échappe donc à l’appel sous les drapeaux que la guerre de 14 lance à travers tous les villages de France… Il y échappe mais c’est sans compter l’amour qu’il porte pour l’insouciante Juliette qui ne parle que de Guillaume, lui qui s’est engagé comme aviateur… Par jalousie, malgré les lettres de son ami Paulin, Mattéo va franchir le pas et connaître le sort que les tranchées réservent aux combattants…

Derrière la romance, Gibrat livre une réflexion sur la désillusion de la guerre ! C’est superbe !

Mattéo, t.1 « Première époque, 1914-1915 », de Jean-Pierre Gibrat, Futuropolis, octobre 2008, 64 pages

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Il était une fois en France (T. 2)

9 novembre 2008

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Avec le tome 1 (« L’empire de Monseiur Joseph ») nous faisions la connaissance de Joseph Joanovici, un étonnant ferrailleur, issu de l’immigration juive roumaine en France. Illettré, il se retrouve en 1945 à la tête d’une empire d’influence et d’industries diverses… ce qui lui vaut la poursuite haineuse d’un juge tenace qui entant secouer tout ce petit monde.

Dans ce deuxième tome (« Le vol noir des corbeaux »), les flashs backs du premier volume prennent plus de consistance et jettent un nouveau regard sur l’instinct de survie de Joseph au moment de la guerre de 40 et de l’occupation. La toile des personnages se fait celle d’une araignée audacieuse et pragmatique.

Pari réussi de la part des deux auteurs de tenir la qualité et la consistance du premier tome ! Ce qui n’était pas si aisé ! Fabien Nury, comme avec West ou Je suis Légion maitrise de main de maître son scénario. Il parvient à maintenir Joseph dans la complexité de sa situation, au-delà d’une vision morale trop bien assise, trop vite tranchée. Quant aux dessins de Sylvain Vallée, ils quittent la ligne classique de Gil-Saint-André pour prendre un graphisme plus à même de « coller » à cette époque et à ses personnages aux mines patibulaires.

Une belle épopée historique qui démarre en densité !

Il était une fois en France, Tome 2 : « Le vol noir des corbeaux », (S : Fabien Nury ; D : Sylvain Vallée) Glénat, septembre 2008

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L’idole dans la Bombe (T.2)

8 juillet 2008

Dans ce tome 2, le conflit déclenché entre la Monoposie et la  Confédération de l’Ouest prend toute son ampleur. La célèbre chanteuse, Tho-Radia, transfuge de la Monoposie est devenue l’idole des foules de la  Confédération de l’Ouest tandis que le professeur Barzavotzig, défiguré, retourne à la vie grâce à un ancien amour, elle aussi passionnée par les sciences.

L’univers décalé et déjanté de Stéphane Presle continue à revisiter l’absurdité des totalitarismes et des guerres. Avec humour et cynisme, les ambitions humaines dévoilent leurs mesquineries et leur folie. Le dessin de Jérôme Jouvray, diffusé grâce au succès de « Lincoln », accompagne finement, avec sa fausse naïveté, le naufrage délirant de ce monde

Bienvenu en Monoposie ! Vous n’allez pas être déçu !

L’idole dans la Bombe, tome 2 (S : Stéphane Presle ; D : Jérôme Jouvray) Futuroplis, juin 2008, 72 pages (en 20 x 28,5 cm)

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Le bois des Vierges (T.1)

22 mai 2008

Des loups, des renards, des lynxs en habits Renaissance avec fraise à la Henri IV… de quoi craindre un sous De cape et de Crocs et retarder la lecture de ce premier album d’une nouvelle série écrite par Jean Dufaux !

Que nenni !

Dans un contexte Renaissance, bêtes de haute taille et humains s’affrontent en une guerre destructrice. Le temps d’un mariage, ils ont cherché à faire alliance… mais Aube, la fille du Seigneur humain Arcan, assassine, avant de s’enfuir dans le bois des Vierges, le jeune Loup-de-feu le soir même des noces qui devaient voir s’unir poil et peau… Chacun des camps va devoir redoubler d’effort dans cette guerre et décider après bien des combats de faire appel à de nouveaux Seigneurs de Guerre.

Le réalisme et la beauté du dessin de Béatrice Tillier donnent conviction et épaisseur à ce monde fantastique où loups et être humains se croisent en habits d’époque, où le zoomorphisme digne de Blacksad permet au lecteur d’approcher de façon convaincante le monde des bêtes de haute taille et leurs émotions.

Une série, prometteuse en intrigues, qui devrait vous enthousiasmer…

Le bois des Vierges, (T.1) (S : Jean Dufaux ; D : Béatrice Tillier), Robert Laffont, février 2008, 56 pages

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